dimanche 15 juillet 2012

Métiers d'avenir en France


Grâce aux effets de la démographie, et même si la crise est encore présente, vous pouvez appréhender avec sérénité l’état du marché de l’emploi quand vous commencerez à chercher du travail : de nombreux départs à la retraite doivent être comblés, et de nouveaux besoins apparaissent. Panorama de ces métiers, parfois méconnus, qui vont recruter en force, et sur lesquels vous pouvez déjà vous positionner.

Métiers d’avenir : les secteurs qui recrutent
Quelles sont les perspectives en termes de recrutements pour vous, qui êtes aujourd’hui lycéen ou étudiant en début de cursus ? Rassurez-vous : si aujourd’hui, c’est la crise, dans 3 ans, 5 ans ou plus, l’espoir est de mise. La démographie et les départs en retraite devraient apporter un nouveau souffle sur le marché de l’emploi en France. Pour s’en convaincre, il n’y a qu’à regarder l’enquête prospective sur les métiers en 2015 menée par la Dares (Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques) et le Centre d’analyse stratégique – publiée en 2006, elle fait actuellement l’objet d’une actualisation pour une projection à 2020 (parution prévue fin 2010).

Avis aux candidats pour les métiers des services aux personnes !

Dans les métiers du social et des services aux particuliers, les perspectives s’annoncent très intéressantes. La santé, l’action sociale, culturelle et sportive et les services aux particuliers pourraient engranger une bonne part des créations d’emplois. Portées par une demande croissante liée au vieillissement de la population, certaines professions considérées comme peu qualifiées, comme les assistants maternels, les auxiliaires de vie ou les aides à domicile (412.000 postes) se développeront ces prochaines années. "C’est un secteur en pleine expansion, avec de nouveaux besoins, mais qui connaît un manque de candidats sur certaines filières", soulignait Marcel Jaeger, directeur de l’IRTS (institut régional du travail social) de Montrouge (92) lors des récents États généraux des formations du social. Le secteur du médical et le secteur du paramédical affiche aussi des besoins importants. Avec 201.000 postes d’infirmier et de sage-femme à pourvoir d’ici à 2015, les embauches devraient croître de plus de 50 %. Enfin, les spécialistes tels que les ophtalmologues, les urologues, lesorthopédistes ou encore les audio-prothésistes seront particulièrement demandés par une clientèle en quête de bien-être.

Dans l’industrie, on recherche ingénieurs et techniciens

Côté industrie, l’innovation technique et scientifique restera un ressort essentiel du développement économique. "L’industrie est au cœur des enjeux sociétaux d’avenir : l’énergie, les nouvelles technologies, la santé ou le développement durable, note Maurice Pinkus, directeur délégué de l’UIMM (Union des industries et des métiers de la métallurgie). Pour tous ces secteurs, nous avons besoin de nouveaux produits, donc d’une industrie qui exige des compétences de haut niveau."
À l’heure où les filières scientifiques ne font pas le plein, certaines subissant même une forte désaffection, les perspectives d’emploi, notamment sur des postes d’ingénieur et de technicien, sont à la hausse dans un grand nombre d’industries, de l’agroalimentaire à l’informatique en passant par les travaux publics, la chimie ou la métallurgie.
Les compétences déjà très recherchées sont les profils de technicien et d’ingénieur en plasturgie, en automatisme, en informatique industrielle, en conception-maintenance ou encore en mécanique générale. Avec une priorité aux plus fortement qualifiés. "Les départements de recherche & développement des grands groupes industriels vont recruter pour rester à la pointe", note Jean-Christophe Prunet, président de Rohde et Schwarz France, une société spécialisée dans l’électronique.

Les plus gros recrutements à venir ? Dans les métiers du tertiaire

Le secteur tertiaire représente le plus gros des emplois à venir. Les métiers liés à la gestion administrative, financière et comptable devraient tirer leur épingle du jeu. Avec des possibilités d’embauche à partir d’un niveau bac +2 et des perspectives d’évolution intéressantes, à l’exemple des métiers de la banque et des assurances. "Les jeunes diplômés sont recrutés sur des fonctions commerciales, formés sur les produits pendant 3 ou 4 ans, puis évoluent vers des fonctions de siège, tel le marketing, ou vers des postes de manager de commerciaux", précise Louis Guastavino, directeur de la division banque & assurance du cabinet de recrutement Page Personnel. Au global, les entreprises rechercheront davantage de cadres commerciaux (189.000 postes), d’administratifs (304.000 postes), de comptables et de financiers.

Envie de devenir fonctionnaire ? Pourquoi pas !

Du côté des métiers de l’informatique (207.000 postes à pourvoir), les prévisions sont incertaines. Mais, de l’avis de Marie-Laure Windal, déléguée à la promotion des métiers de l’informatique au Syntec informatique, même s’il est "difficile de vous dire quels seront les recrutements du secteur d’ici 5 à 10 ans, on sait que les professionnels formés aux nouvelles technologies, au Web 2.0, au java, et les ingénieurs commerciaux ne devraient pas souffrir de la crise." À noter que dans la recherche publique et privée, l’effet démographique devrait se ressentir, principalement dans les matières scientifiques. Enfin, même si elle voit ses effectifs fondre, étant donné le choix politique de ne remplacer qu’un fonctionnaire sur deux, la fonction publique continuera à recruter : dans les hôpitaux, mais aussi dans l’enseignement et dans les collectivités locales.

Emmanuel Vaillant

Cette estimation est calculée à partir du nombre prévisible des départs en fin de carrière et des créations nettes d’emploi estimées de 2005 à 2015.
Sources : Dares (Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques) – Centre d’analyse stratégique.

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